Refaire son site internet : les signaux qui comptent, et ceux qui ne comptent plus

Article écrit par l'agence AmiSEO, relu par Maxim, fondateur d'AmiSEO

· 23 min de lecture

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En résumé

On refait un site quand il ne rapporte plus de demandes, pas quand il atteint un âge. Les âges qui circulent dans les guides ne viennent d'aucune mesure.

  • Sur 186 sites d'entreprises françaises lus le 8 septembre 2026, quatre des sept signaux les plus cités ne trient plus rien : 186 ont le cadenas.
  • Sur 94 sites, 2 cumulent les trois signaux croisés et 47 n'en portent aucun : trop peu pour dire s'ils vont ensemble ou non.
  • L'année périmée en bas de page se trompe dans les deux sens : 31 sites en affichent une alors qu'ils ont travaillé dans l'année.

Faut-il refaire votre site, ou pas

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Savez-vous combien de demandes votre site vous a apportées le mois dernier ?

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Ce qui décide n'est pas l'âge du site, c'est ce qu'il vous rapporte

Les guides que vous venez de lire vous donnent un âge. Trois ans, quatre ans, cinq ans, et il faudrait refaire.
Aucun d'eux ne dit d'où sort ce chiffre.

Je ne l'ai trouvé nulle part non plus. Alors j'ai fait l'inverse : j'ai pris 190 sites d'artisans et de petites entreprises françaises, et j'ai regardé le 8 septembre 2026 ce que chacun raconte de lui-même. 186 m'ont répondu, 4 n'ont pas ouvert.

Le résultat tient en une phrase, et elle est désagréable pour tout le monde, moi compris : la plupart des signaux qu'on vous vend comme des preuves de vieillesse ne trient plus rien du tout. Ils étaient vrais il y a dix ans. Les constructeurs de sites les ont rattrapés depuis, et un site peut aujourd'hui les cocher tous sans que personne s'en occupe plus.

La bonne question

  • Ce n'est pas « mon site est-il vieux ? », c'est « combien de demandes m'a-t-il apportées le mois dernier ? »
  • Un site de huit ans qui fait sonner le téléphone n'a aucune raison d'être refait. Un site de deux ans qui ne produit rien en a une.
  • Refaire un site qui marche est l'erreur la plus chère du métier, et je l'ai commise sur mon propre site. J'y reviens plus bas, chiffres à l'appui.

Cet article fait deux choses. Il passe au banc sept signaux qui circulent partout, en disant pour chacun combien de sites réels le portent aujourd'hui. Puis il vous donne le contrôle à faire sur votre propre site, avec exactement les mêmes gestes que les miens, en dix minutes et sans rien installer.

Le chiffre à obtenir, et comment

  • Comptez à la main pendant trente jours, sur un carnet ou un tableau : chaque appel, chaque message reçu par le formulaire, chaque courriel qui commence par « j'ai vu votre site ». Une ligne par demande, avec la date.
  • Demandez à ceux qui appellent comment ils vous ont trouvé. Une question, dix secondes, et c'est la seule mesure que personne ne peut fausser.
  • Un compteur de visites installé sur le site compte les visites et les formulaires, jamais les appels ni le bouche à oreille : il complète le carnet, il ne le remplace pas. Le carnet seul suffit pour décider, et il ne coûte rien. Trente jours, pas trois. C'est ce nombre-là que le reste de cette page vous demande.

Les sept signaux au banc, et les quatre qui ne trient plus rien

Voici les sept, et ce que j'ai trouvé pour chacun sur les 186 sites, le 8 septembre 2026. Chaque ligne se lit ainsi : le signal, ce qu'il était censé détecter, le nombre de sites qui le portent réellement, et mon verdict.
Quatre ne trient plus rien, et ce sont eux que détaille la suite de cette section. Les deux qui trient encore, et celui qui se trompe, ont chacun leur section après.

Le signalCe qu'il prétend détecterSur 186 sitesVerdict
Pas de cadenasUn site négligé, dangereux pour le visiteur186 sur 186 répondent avec un certificat valideNe trie plus
Pas adapté au téléphoneUn site d'avant l'ère du mobile183 sur 186 portent la ligne qui l'activeNe trie plus
Une vieille bibliothèqueUn site jamais mis à jour5 sur les 98 dont la version se litNe trie plus
Du code du siècle dernierUn site fabriqué il y a très longtemps9 sur 186, dont 1 avec du FlashNe trie plus
Un compteur de statistiques éteintUn site que plus personne ne pilote26 sur 186 le portent, 12 sans aucune mesure vivante de GoogleTrie vraiment
Rien de modifié depuis un anUn site abandonné21 sur les 149 qui le déclarentTrie vraiment
Une année périmée en bas de pageUn site que plus personne ne touche46 sur les 113 qui affichent une annéeSe trompe dans les deux sens

Relevé du 8 septembre 2026 sur les 186 sites qui ont répondu. Chaque ligne a son propre dénominateur, parce que tous les signaux ne se mesurent pas sur tous les sites : une année ne se lit que sur les sites qui en affichent une, une version de bibliothèque que sur ceux qui l'écrivent dans l'adresse de leur fichier.

Le cadenas ne dit plus rien : 186 sites sur 186 l'ont

Les 186 sites répondent en https, et aucun n'a de certificat invalide. Le signal a été le bon pendant des années. Il ne l'est plus, parce que les hébergeurs posent le cadenas tout seuls et gratuitement depuis longtemps.

Il reste un tout petit reliquat, et c'est celui que vous testerez vous-même plus bas. Quand on arrive par l'ancienne adresse, celle qui commence par http sans le s, 175 sites sur 186 renvoient tout seuls vers l'adresse sécurisée et 9 ne le font pas ; 2 n'ont pas répondu à ce second appel. Sur ces 9, 8 finissent quand même par servir une page sécurisée par un autre chemin, et 1 laisse le visiteur sur la version sans cadenas de bout en bout.
C'est un réglage de quelques minutes chez l'hébergeur, pas un motif de refonte.

Le téléphone : 183 sites sur 186 sont prévus pour

La ligne qui dit à un téléphone d'afficher la page à sa largeur réelle est présente sur 183 sites. 3 ne l'ont pas, et aucun ne force une largeur fixe.

Attention à ce que ce chiffre ne dit pas. Porter cette ligne ne veut pas dire être confortable à lire sur un téléphone : un texte minuscule, un bouton trop petit ou un tableau qui déborde passent très bien ce contrôle-là. Ce que ce relevé prouve, c'est seulement que le réglage de base est posé presque partout.

En revanche, la même ligne cache un vrai défaut, et celui-là se corrige : 35 des 183 sites qui la portent demandent au navigateur d'interdire l'agrandissement à deux doigts. C'est une demande, pas un résultat : Safari sur iPhone l'ignore depuis 2016, Chrome sur Android l'applique.
Sur un téléphone Android, une adresse ou un numéro en petits caractères devient donc illisible tant que le visiteur n'a pas trouvé le réglage d'accessibilité qui passe outre. C'est une ligne à retirer, pas un site à refaire.

La lenteur, elle, se mesure autrement, et je l'ai fait séparément sur ce même panel : c'est l'objet de la page sur tester la vitesse de son site.

Les vieilles bibliothèques : 5 sites, pas 186

Tout site un peu ancien charge des morceaux de programme écrits par d'autres, qu'on appelle des bibliothèques. La plus répandue s'appelle jQuery, et sa version se lit dans le code de la page. Un numéro très bas veut dire un morceau qui n'a pas bougé depuis dix ans.
Celui-là m'a coûté une leçon, et je la raconte parce qu'elle vaut pour vous le jour où un prestataire vous sortira un chiffre.

Mon premier comptage cherchait ce nom et un numéro de version dans la page. Il rendait soixante sites. Ce chiffre était faux d'un facteur dix : il attrapait les versions des extensions et des thèmes installés à côté, qui n'ont rien à voir avec la version de la bibliothèque elle-même.

Le deuxième comptage se trompait encore, autrement. Il lisait en priorité le numéro collé à la fin de l'adresse du fichier, celui que les sites ajoutent pour forcer le rechargement. Il a rendu une version 7 d'une bibliothèque qui n'a jamais dépassé la 4, sur un site qui chargeait en réalité une version 3. C'est le nom du fichier qui fait foi, pas ce numéro-là.

Les deux corrigés : 119 sites chargent le fichier principal, sa version se lit sur 98 d'entre eux, et 5 n'ont qu'une vieille branche. Un site de plus en charge une vieille ET une récente, il ne compte donc pas. Sur les 21 autres, l'adresse ne dit rien, donc je ne compte rien.

Et ces 5 ne sont pas 5 entreprises indépendantes : 4 d'entre elles chargent ce fichier depuis le même prestataire. Ce n'est donc pas un signal sur les entreprises, c'est un signal sur un fournisseur.

Ce que ça vous apprend

  • Un chiffre obtenu en cherchant un mot dans une page n'est pas une mesure, c'est une hypothèse. Le mien s'est trompé d'un facteur dix.
  • Quand un prestataire vous annonce « votre site utilise des technologies obsolètes », la bonne réponse est « lesquelles, quelle version, et quelle page casse à cause de ça ? »
  • Sans ces trois réponses, la phrase ne coûte rien à dire et vous coûte cher à croire.

Le code d'avant : 9 sites sur 186

J'ai cherché deux marques d'un site fabriqué il y a très longtemps : les anciennes balises de mise en forme abandonnées par les navigateurs, et Flash, la technologie d'animation dont Adobe a arrêté le support le 31 décembre 2020 avant d'en bloquer l'exécution le 12 janvier 2021.

9 sites sur 186 portent au moins l'une des deux : 7 utilisent l'ancienne balise de centrage et 3 l'ancienne balise de police, dont 2 qui portent les deux, et 1 contient encore un fichier Flash sans porter aucune des deux balises. En prime, 5 sites sur 186 ne déclarent pas le standard actuel en ouverture de page.
Ce sont de vrais sites très anciens. Ils existent. Ils sont rares.

Pendant que vous comptez vos trente jours, faites regarder le site. Demandez mon autopsie vidéo : vous laissez l'adresse, je l'ouvre, et je vous envoie une vidéo qui montre ce qui empêche un visiteur de vous contacter. C'est gratuit, et il n'y a rien à payer ensuite.

Les deux signaux qui trient encore, et que personne ne regarde

Deux choses continuent de séparer un site tenu d'un site laissé en plan. Aucune des deux ne se voit sur la page d'accueil, et aucune n'apparaît dans les guides que j'ai lus avant d'écrire.

Avant elles, un chiffre pose le décor. 37 sites sur 186 n'ont aucun compteur d'aucune sorte dans leur page : ni Google, ni un outil concurrent, ni le petit bout de programme qu'un réseau social fait poser pour suivre les visiteurs, rien. Un sur cinq. Il reste possible qu'elles comptent leurs demandes autrement, et c'est justement le carnet de trente jours décrit plus haut.

Le compteur mort depuis trois ans, encore branché

Google a cessé d'alimenter son ancien outil de statistiques, Universal Analytics, le 1er juillet 2023 pour les comptes gratuits, et il a coupé l'accès aux anciennes données un an plus tard. C'est écrit sur sa page d'aide, en français.

26 sites sur 186, soit 14,0 %, ont encore ce compteur dans leur page.
Sur ces 26, 14 ont aussi posé la version actuelle à côté : chez eux, le vieux marqueur est un reste sans conséquence.
Restent 12 sites sans aucune mesure vivante de Google, et parmi eux 9 qui n'ont aucun autre compteur d'aucune sorte. Ces 9 derniers croient mesurer leur site et ne mesurent rien depuis plus de trois ans. Les 3 autres ont bien un chiffre quelque part, chez un outil concurrent ou dans le suivi posé par un réseau social, mais pas celui qu'ils regardent.

D'où sort ce chiffre

  • Source : la page d'accueil de chaque site, telle que le serveur la livre, lue le 8 septembre 2026.
  • Méthode : recherche d'un identifiant de l'ancien format, ou d'un appel aux deux anciens fichiers de Google. Puis, sur ces sites seulement, recherche d'un identifiant du format actuel ou d'un appel à l'outil qui pose les compteurs d'aujourd'hui.
  • Ce qui n'est PAS compté : les sites bâtis sur une plateforme qui mesure de son côté sans rien écrire dans la page, les outils posés sur une autre page que l'accueil, et les 4 sites qui n'ont pas répondu.
  • Ce que ça limite : je peux affirmer qu'un compteur mort est présent, je ne peux pas affirmer qu'aucune mesure n'existe ailleurs. Les 9 sont donc un plancher, pas un total.

Rien de modifié depuis plus d'un an

Presque tous les sites publient un fichier appelé plan du site, destiné aux moteurs de recherche, où chaque page peut porter la date de sa dernière modification. C'est la déclaration datée la plus facile à lire de l'extérieur, et elle est publique. Google écrit dans sa documentation que cette date doit refléter la dernière mise à jour importante de la page, et qu'il ne s'en sert que si elle est cohérente et vérifiable.

169 sites sur 186 en publient un lisible, et 149 y portent au moins une date ; les 20 autres n'en portent aucune, et sortent donc du calcul. Voici ce que ces 149 sites déclarent, le 8 septembre 2026 :

Depuis quand la page la plus récente n'a-t-elle pas bougé, sur 149 sites

  • 56 sites ont modifié quelque chose dans les trente derniers jours, soit 37,6 %.
  • 87 sites dans les trois derniers mois.
  • 21 sites n'ont rien touché depuis un an ou plus, soit 14,1 %.
  • 10 sites depuis deux ans ou plus, et 6 depuis trois ans ou plus.
  • Le plus ancien du relevé déclare sa dernière modification il y a 2 377 jours.

Base : les 149 sites dont le plan du site porte au moins une date, sur les 169 qui publient un plan lisible et les 190 du panel de départ. Pour chaque site, j'ai lu TOUS les plans qu'il annonce, index de plans compris, et retenu la date la plus récente. La moitié des sites déclare 63 jours ou moins. Ne sont PAS comptés : les sites sans plan du site, et ceux dont le plan ne porte aucune date.

Ce chiffre a deux faiblesses, et il faut les connaître avant de s'en servir. Certains outils réécrivent cette date à chaque reconstruction technique, même quand aucun texte n'a changé : une date fraîche ne prouve donc pas qu'on a écrit quelque chose. Et une date ancienne prouve que le plan du site n'a pas bougé, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'un site immobile, certains sites du relevé ne datant qu'une partie de leurs pages.
C'est malgré tout celui dont je me méfie le moins, et c'est tout ce que je peux en dire honnêtement : contrairement à l'année du pied de page, dont j'ai mesuré les deux façons de se tromper juste après, je n'ai pas de quoi chiffrer à quelle fréquence celui-ci se trompe.

Le signal le plus visible est celui qui se trompe le plus

Voilà le résultat que je ne cherchais pas, et qui a fait tomber une phrase que j'avais déjà écrite.

L'année en bas de page est le seul de ces signaux que n'importe qui peut lire en trois secondes, sans rien connaître. C'est aussi celui qu'on cite le plus. Sur les 113 sites qui en affichent une, 46 montrent une année antérieure à 2026, soit 40,7 %, 18 montrent une année antérieure à 2024, et 2 sont restées sur 2015 et 2017.

J'ai donc croisé cette année avec les deux autres signaux, sur les 94 sites où les trois se mesurent en même temps.

Combien de signaux au rouge par site, sur 94 sites

  • 47 sites ne portent aucun signal au rouge, 50,0 %
  • 39 sites en portent un seul, 41,5 %
  • 6 sites en portent deux, 6,4 %
  • 2 sites portent les trois, 2,1 %, le segment le plus à droite

Base : les 94 sites, sur les 186 du relevé, qui affichent une année lisible ET publient un plan du site daté. Les trois signaux sont : une année antérieure à 2026 en bas de page, un compteur mort sans mesure vivante à côté, et aucune modification depuis un an ou plus.

2 sites sur 94 cumulent les trois, 47 n'en portent aucun. J'ai d'abord voulu en conclure que les signaux ne se recoupent jamais. J'ai fait le calcul avant de l'écrire, et il ne le permet pas.

Si les trois signaux étaient sans rapport entre eux, on attendrait sur ces 94 sites : 45,1 sans aucun signal, 41,1 avec un seul, 7,5 avec deux, et 0,3 avec les trois. J'observe 47, 39, 6 et 2. Les trois premiers chiffres tombent sur l'attendu ; le dernier est au-dessus, sur un effectif de deux sites. Sur ce panel, la mesure ne tranche pas : rien ne prouve que ces signaux vont ensemble, rien ne prouve le contraire.

Ce qui se lit sans calcul, en revanche, c'est que 47 sites sur 94 n'affichent aucun de ces trois signaux. Pour eux, la question de la refonte ne se pose pas de ce côté-là.

Le cas qui m'intéresse vraiment se voit en mettant face à face l'année affichée et l'activité réelle du site :

Ce que le pied de page afficheCe que le site a vraiment faitSites
Une année périméeRien depuis un an ou plus7
Une année périméeModifié dans l'année31
2026, donc à jourRien depuis un an ou plus7
2026, donc à jourModifié dans l'année49

Les mêmes 94 sites, le 8 septembre 2026. Des deux lignes qui portent une année périmée, la seconde est la plus nombreuse.

31 sites affichent une année périmée alors qu'ils ont travaillé dans l'année, contre 7 chez qui l'année dit vrai. Le signal se trompe donc plus de quatre fois sur cinq quand il s'allume. Et dans l'autre sens, 7 sites affichent 2026 alors que rien n'a bougé depuis plus d'un an : là, l'année a été retapée et elle rassure à tort.
Ces effectifs sont petits, et je ne leur fais pas dire plus que cela : ils suffisent à montrer que le signal se trompe dans les deux sens, pas à mesurer à quelle fréquence.

Un cas résume la situation. Un site du relevé affiche 2017 en bas de page, ce qui fait neuf ans de retard, et son plan du site déclare une modification il y a dix-sept jours. À l'œil, ce site est mort. En réalité, quelqu'un s'en occupe.

Le piège à connaître

  • Une année périmée en bas de page n'est pas une preuve d'abandon. Sur mon relevé, la majorité des sites qui en affichent une ont travaillé dans l'année.
  • C'est néanmoins à corriger, parce que votre visiteur, lui, la lit comme une preuve, exactement comme les guides le lui ont appris.
  • Un prestataire qui fonde un devis de refonte sur cette seule année n'a pas regardé votre site, il a regardé votre pied de page.

Le contrôle sur votre site, en dix minutes, sans rien installer

Voici exactement les gestes que j'ai faits sur les 186 sites, ramenés au vôtre. Aucun compte à créer, aucun outil à acheter. Vos résultats se comparent directement aux chiffres publiés plus haut, parce que c'est la même mesure.

À faire dans l'ordre

  1. Le cadenas. Tapez votre adresse en commençant par « http » sans le s. Une fois la page chargée, cliquez dans la barre d'adresse : le navigateur en cache le début, et c'est justement ce début qu'on veut lire. Si l'adresse est passée toute seule en https, c'est bon, comme pour 175 sites du relevé. Sinon vous êtes dans les 9 qui ne le font pas, et c'est un réglage chez l'hébergeur, pas une refonte.
    Attention, Chrome et Firefox corrigent parfois l'adresse tout seuls : si vous hésitez, faites vérifier par la personne qui s'occupe de votre site.
  2. Le plan du site, le geste le plus utile de la liste. C'est celui que j'ai fait sur les 186 sites, dans le même ordre.
    D'abord, trouvez le plan. Ouvrez votre adresse suivie de « /robots.txt » : c'est un petit fichier texte, et s'il contient une ligne qui commence par Sitemap:, l'adresse qui suit est celle de votre plan. Rien de tel ? Essayez à la main /sitemap.xml, puis /sitemap_index.xml, puis /wp-sitemap.xml.
    Ensuite, lisez-le. Ce qui s'affiche est un fichier fait pour les moteurs, donc c'est moche, et c'est normal. Soit une liste d'adresses de pages, chacune suivie d'une date annoncée par le mot lastmod, écrite à l'envers, l'année d'abord : le 14 août 2026 s'y écrit 2026-08-14. Soit une courte liste d'autres fichiers du même genre : ouvrez-les tous, ce sont eux qui portent les pages.
    Cherchez la date la plus récente de toutes celles que vous voyez. La liste peut faire des centaines de lignes ; commencez par le haut et par le bas, et si l'ordre ne saute pas aux yeux, faites défiler. Comparez ensuite aux 63 jours qui séparent mon relevé en deux ; rien depuis plus d'un an vous met dans les 21 sites les plus immobiles.
    Aucun plan de site, ou aucune date dedans ? Dans mon relevé, 17 sites n'ont aucun plan lisible et 20 en ont un sans la moindre date. Ce contrôle ne rend alors rien chez vous : passez au suivant, et faites ajouter le plan et ses dates, c'est un réglage de l'outil qui fabrique votre site.
  3. Le compteur mort. À faire sur un ordinateur, ce geste n'existe pas sur téléphone. Et si votre site a été fabriqué avec un outil en ligne du genre Wix ou Squarespace, sautez cette étape : le code source affiché par le navigateur n'y montre pas la page finale, la recherche ne prouverait rien. C'est la même limite qui touche mon propre relevé. Sur votre page d'accueil, clic droit puis « Afficher le code source de la page ». Un mur de texte s'ouvre : appuyez sur Ctrl et F en même temps, Commande et F sur un Mac, pour ouvrir la recherche.
    Tapez ces trois suites de caractères, l'une après l'autre, sans les guillemets : analytics.js, puis ga.js, puis UA- avec le tiret. C'est exactement ce que j'ai cherché sur les 186 sites, et il faut les trois recherches : deux sites du relevé portent l'ancien compteur sans jamais écrire UA.
    Aucune des trois ne sort ? C'est le cas de la grande majorité du relevé, et c'est la bonne nouvelle : vous n'avez pas de compteur mort. Passez à l'étape suivante.
    L'une des trois sort ? Cherchez alors googletagmanager, puis gtag. Trouvé aussi : votre mesure est vivante, le vieux marqueur est un résidu, il n'y a rien à faire. Rien trouvé : vous êtes dans les 12 sites sans aucune mesure vivante de Google depuis 2023, et le geste est de faire poser un compteur d'aujourd'hui, ce qui prend une demi-heure et ne coûte rien.
  4. L'année du pied de page. Descendez tout en bas de votre accueil. Notez l'année. Ne concluez rien avec elle seule, vous venez de voir pourquoi. Mais si elle n'est pas 2026, faites-la corriger : votre visiteur, lui, en conclut quelque chose.
  5. La question qui décide vraiment. Combien de demandes votre site vous a-t-il apportées le mois dernier ? Si vous ne pouvez pas répondre par un nombre, c'est la première chose à installer, avant de parler de refonte.

Ce que ce contrôle ne voit pas. Il lit ce que votre site déclare, jamais ce que vos visiteurs vivent : un site peut passer les cinq étapes et rester illisible sur téléphone, lent, ou incapable de faire comprendre ce que vous vendez. Ces défauts-là ne se lisent pas dans un fichier, ils se voient en regardant la page.

Refaire, réparer, ou ne rien faire

Les trois réponses sont légitimes, et la troisième revient plus que les autres. Voici comment je tranche.

Ce que votre situation appelle

Votre site vous apporte-t-il des demandes ?

Oui, et vous le savez par un chiffre

  • Ne refaites rien. Corrigez les points trouvés par le contrôle, un par un.
  • Une refonte ferait courir un risque réel à ce qui marche déjà.

Vous n'en savez rien

  • Posez une mesure avant toute décision. Trente jours suffisent pour avoir un chiffre.
  • Décider sans ce chiffre, c'est acheter une refonte au hasard.

Non, et c'est mesuré

  • Cherchez la cause avant le remède. Trouvez quoi réparer, et sur quelle page.
  • Refaire sans connaître la cause reproduit le même résultat, en plus joli.

Cet arbre ne fait pas intervenir l'âge du site une seule fois. C'est volontaire : sur mon relevé, l'âge apparent et l'activité réelle ne vont pas ensemble.

Ce que refaire un site qui marche m'a coûté, à moi

En août 2026, j'ai déplacé les articles de ce blog d'une adresse à une autre. Le travail était propre. Je n'ai pas posé les redirections qui disent à Google où les anciennes pages sont parties.

J'ai perdu 59 % de mes visites venues de Google, dont la totalité de celles de mon article le mieux placé. Rien ne se voyait en naviguant sur le site : tous les liens internes pointaient vers les bonnes adresses. Seul Google connaissait les anciennes.

C'est le vrai coût d'une refonte, et il n'apparaît sur aucun devis. Ce qu'une refonte emporte en silence, et comment on l'évite, tient sur la page consacrée à la refonte de site internet.

Le montant, lui, ne se devine pas non plus : il se calcule sur le nombre de pages à reprendre, et c'est l'objet de la page sur le prix d'une refonte de site internet.

Avant de signer quoi que ce soit, faites regarder ce que vous avez déjà : vous donnez l'adresse de votre site, je vous dis ce qui le retient et ce qui se répare sans tout jeter. Le nombre de demandes, lui, reste dans votre carnet, personne ne peut le lire à votre place. C'est le premier geste de mon agence web et j'interviens partout en France, pas seulement à Toulouse.

Ce que ce relevé ne dit pas, y compris contre moi

Quatre limites, et elles comptent autant que les chiffres.

Les quatre réserves

  • Le panel n'est pas la France. Ce sont 190 entreprises qui ont un site à elles et qu'on trouve en cherchant leur métier. Les entreprises sans site, ou dont le site ne sort nulle part, n'y sont pas, et ce sont probablement les plus mal loties.
  • Chaque signal a son propre dénominateur, parce qu'il ne se mesure pas partout. Les rapporter tous aux 186 sites gonflerait artificiellement les taux, c'est pour cela que chaque chiffre porte sa base.
  • Je lis ce que le site déclare, pas ce que le visiteur vit. Aucun de ces signaux ne dit si votre page est claire, lisible sur téléphone, ou capable de déclencher un appel.
  • Un signal à zéro n'est pas une bonne nouvelle en soi. Un site techniquement irréprochable peut ne rapporter aucune demande, et ce relevé ne mesure rien de ce côté-là.

Vos quatre gestes, dans l'ordre

  1. Faites le contrôle en dix minutes ci-dessus et notez vos cinq réponses sur une feuille. C'est votre état des lieux, il ne coûte rien.
  2. Si vous ne savez pas combien de demandes votre site apporte, arrêtez tout et mesurez-le. Trente jours. C'est le seul chiffre qui décide de la suite.
  3. Corrigez ce qui se corrige sans refonte : l'année du pied de page, le cadenas, le compteur mort. Ce sont des minutes, pas des milliers d'euros.
  4. Si vous demandez un devis de refonte, exigez la phrase qui dit ce qui arrive à vos adresses actuelles. C'est la ligne qui décide de ce que vous gardez, et elle est détaillée dans la page sur le devis de refonte de site internet.

Et si vos réponses sont bonnes, gardez votre site. C'est le cas de 47 sites sur 94 dans mon relevé, et c'est une excellente nouvelle.

Ce que cette page ne traite pas, et qu'il faut aller chercher ailleurs : le délai et le budget d'une refonte, l'obligation d'accessibilité qui s'impose à une partie des entreprises françaises, et les risques de sécurité d'un site dont le socle technique n'est plus entretenu. Aucun des trois ne se mesure dans une page d'accueil, et je n'écris pas ce que je n'ai pas mesuré.

Comment cet article a été fait
  1. Panel repris d'un relevé constitué le 1er septembre 2026 : 190 sites d'artisans et de petites entreprises françaises, trouvés en cherchant 25 métiers dans 20 villes sur trois moteurs autres que Google : Brave et Mojeek, qui ont leur propre index, et DuckDuckGo, qui sert celui de Bing. Annuaires, réseaux sociaux et places de marché écartés : ce sont les sites des entreprises elles-mêmes.
  2. Le 8 septembre 2026, appel de la page d'accueil de chacun de ces 190 sites, plus un appel en http et un appel en https pour tester le cadenas et la redirection. 186 ont répondu, 4 n'ont pas ouvert.
  3. Recherche des sept signaux dans la page telle que le serveur la livre. Trois d'entre eux ont été recomptés après un premier résultat faux : la version de bibliothèque, qui attrapait celle des extensions et rendait dix fois trop, l'année du pied de page, qui attrapait des commentaires de bibliothèques graphiques, et le compteur de statistiques, dont le premier motif ne voyait pas les appels à l'outil qui pose les compteurs d'aujourd'hui.
  4. L'année du pied de page a été relue dans le TEXTE VISIBLE seul, scripts, styles et commentaires retirés, puis chaque année antérieure à 2024 relue une par une dans sa phrase. Les 4 sites qui calculent leur année par script sont sortis de la base.
  5. Lecture du robots.txt de chaque site, puis de TOUS les plans de site qu'il annonce, index de plans compris, et non du seul premier trouvé. Pour chaque site, date de modification la plus récente de toutes les pages de tous ses plans.

Ce que cette méthode ne dit pas. Le panel n'est pas la France : ce sont des entreprises qui ont un site à elles et qu'on trouve en cherchant leur métier. Ce relevé lit ce que les sites déclarent, pas ce que leurs visiteurs vivent : il ne dit rien de la clarté d'une page, ni de son confort de lecture sur téléphone. Et la date d'un plan de site est fiable dans un seul sens, l'ancien : certains outils la réécrivent à chaque reconstruction technique, une date fraîche ne prouve donc pas qu'on a écrit quelque chose.

Sources

  • Aide Google Analytics, arrêt d'Universal Analytics Porte les deux dates reprises dans cet article : depuis le 1er juillet 2023 les propriétés Universal Analytics standards ne traitent plus les hits, et à partir de la semaine du 1er juillet 2024 leurs données, actuelles comme historiques, ne sont plus consultables.
  • Google Search Central, créer et envoyer un sitemap Porte la phrase reprise dans cet article : la valeur de la date de dernière modification doit refléter la dernière mise à jour importante de la page, et Google ne s'en sert que si elle est cohérente et vérifiable.
  • Google Search Central, déplacement de site avec modification des URL Décrit la marche à suivre pour les anciennes adresses lors d'un changement de site, redirection permanente quand la page a un équivalent, code d'erreur quand elle n'en a pas. C'est cette marche à suivre que je n'ai pas appliquée sur mon propre site en août 2026.
  • Adobe, fin de vie de Flash Player Porte les deux dates citées : Adobe ne prend plus en charge Flash Player depuis le 31 décembre 2020, et empêche le contenu Flash de s'exécuter depuis le 12 janvier 2021.

Ressources utiles

Quiz

Avez-vous retenu ce qui décide vraiment ?

Question 1 / 3

Sur les 186 sites lus le 8 septembre 2026, combien répondent avec un certificat valide ?

Question 2 / 3

Une année périmée en bas de page prouve-t-elle qu'un site est abandonné ?

Question 3 / 3

Quel chiffre décide vraiment s'il faut refaire votre site ?

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Écrit par

Maxim Gheorghita

Fondateur d'AmiSEO, à Toulouse

Je crée des sites web et je les référence sur Google. J'ai commencé en août 2024, seul, et je n'ai pas arrêté d'apprendre depuis deux ans. Depuis mai 2025, je le fais pour des entreprises, à Toulouse et dans toute la France, sous le nom d'AmiSEO, ma solo agency.

Relu par Maxim le . Relecture rapide du fond et des chiffres par Maxim avant la mise en ligne.

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Une autopsie vidéo de votre site, par Maxim

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