Devis de site internet : les 7 lignes qui décident de ce que vous paierez ensuite

Article écrit par l'agence AmiSEO, relu par Maxim, fondateur d'AmiSEO

· 22 min de lecture

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En résumé

Aucun texte n'impose de devis pour un site internet, ni ne dit ce qu'il doit contenir.

  • Et un devis flou vous engage quand même : ce qui n'est pas écrit n'est pas compris dans le prix.
  • Sur 22 conditions générales d'agences lues, aucune n'écrit combien d'allers-retours sont compris.
  • 13 écrivent qu'une partie du site ne vous reviendra jamais. Quatre seulement cèdent tout.

Votre devis, ligne par ligne

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Votre devis écrit-il combien de pages sont comprises ?

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Ce que la loi impose sur ce devis, et ce qu'elle laisse à l'agence

Vous avez un devis de site internet sous les yeux. Un montant, quelques lignes, une case à signer.

Vous cherchez ce qu'il doit contenir. La réponse est courte : pour un site vendu à une entreprise, aucun texte ne dit ce qu'un devis doit contenir. La loi vous donne deux leviers, et rien de plus.

Le devis obligatoire existe en France, mais dans une liste fermée de métiers : travaux de bâtiment, déménagement, location de véhicule, optique, audioprothèse, services à la personne, produits d'autonomie, chirurgie esthétique, obsèques, plusieurs de ces lignes n'étant obligatoires qu'au-delà d'un montant.
La création de site internet ne figure dans aucune de ces catégories. L'ironie vaut d'être relevée : un artisan du bâtiment doit un devis à son client, et l'agence qui lui vend son site internet d'artisan ne lui en doit aucun. Ces obligations protègent le client particulier, et jamais un site internet.

Les deux seuls leviers que la loi vous donne

Le premier est dans l'article L441-1 du Code de commerce. Une agence qui a des conditions générales de vente doit les communiquer à tout client professionnel qui les demande, sur un support durable, c'est-à-dire un document qu'il peut garder et relire, un courriel ou un fichier joint. Ne pas le faire est puni d'une amende administrative pouvant aller jusqu'à 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une société. Vous pouvez donc les exiger, même si elles ne sont pas sur le site.

Le second est dans le même article, et personne ne le cite jamais : quand le prix d'un service ne peut pas être fixé à l'avance, le prestataire doit communiquer à qui le demande la méthode de calcul du prix, ou un devis suffisamment détaillé. Suffisamment détaillé, c'est la loi qui l'écrit. Elle ne dit pas ce que cela veut dire, et c'est exactement le trou que les sept lignes ci-dessous viennent boucher.

Exception à connaître

  • Si vous employez cinq salariés ou moins, que le site n'est pas votre métier, et que le devis a été signé ailleurs que dans les locaux de l'agence, chez vous, dans votre atelier, sur un chantier, l'article L221-3 du Code de la consommation vous donne les mêmes protections qu'un particulier, dont les quatorze jours de rétractation. Regardez la date et le lieu de signature avant tout le reste.
  • Deux cas ne l'ouvrent pas : vous être déplacé dans les bureaux de l'agence pour signer, ou avoir traité de bout en bout à distance sans jamais rencontrer personne. Ce texte vise les contrats conclus hors établissement, pas les contrats à distance.
  • Vous avez déjà signé ? Comptez les jours. Si vous êtes dans les quatorze et que les trois conditions sont réunies, il est encore temps. Sinon il reste l'avenant : une agence sérieuse accepte de compléter par écrit un devis déjà signé, et son refus vous apprend quelque chose.

Un devis flou vous engage quand même, et c'est là le piège

La croyance la plus répandue est qu'un papier imprécis ne vaut rien. C'est l'inverse.

L'article 1165 du Code civil prévoit que dans un contrat de prestation de service, à défaut d'accord des parties avant l'exécution, le prix peut être fixé par le prestataire, à charge pour lui d'en motiver le montant en cas de contestation. Vous pouvez demander des dommages et intérêts en cas d'abus, et le cas échéant l'annulation du contrat, ce que le texte appelle la résolution. Il faut donc contester, prouver l'abus, et attendre.

Traduction pour vous. Un devis qui dit création d'un site vitrine, 4 500 euros vous engage sur ces 4 500 euros, et laisse ouvert le prix de tout ce qui n'y est pas écrit. Ce que vous n'avez pas fait écrire n'est pas compris dans le prix, et son prix se fixera sans vous.

Un texte joue dans votre sens, mais moins fort qu'il n'en a l'air. L'article 1116 du Code civil interdit à l'agence de retirer son offre avant le terme qu'elle a fixé, ou à défaut avant un délai raisonnable. Lisez la suite du même article : si elle se rétracte quand même, le contrat n'est pas conclu pour autant, et il ne vous reste qu'une action en responsabilité qui, dit le texte, ne l'oblige pas à compenser les avantages attendus du contrat.
Une date écrite ne force donc pas l'agence à tenir son prix. Elle vous dit où vous en êtes, ce qui est déjà beaucoup quand rien n'est écrit.

L'essentiel

  • Aucun texte ne dit ce que doit contenir un devis de site internet vendu à une entreprise, et un devis flou vous engage quand même sur ce qu'il porte.
  • Sur 126 agences web françaises sondées, 42 publient des conditions générales et 84 n'en publient aucune que j'aie pu trouver. Sur ces 42 documents, 20 ne parlent que du site de l'agence : il en reste 22 qui décrivent la prestation vendue.
  • Aucun de ces 22 documents n'écrit combien d'allers-retours sont compris dans le prix. 11 écrivent précisément ce qui se refacture après.

Ce que j'ai trouvé chez 126 agences : 42 documents, 22 qui parlent de votre site

Sur 126 sites d'agences web françaises, 42 publient des conditions générales, et 22 seulement y décrivent la prestation qu'elles vous vendent. Les 20 autres ne parlent que de leur propre site.

Je ne peux pas lire les devis que ces agences envoient à leurs clients. Personne ne le peut de l'extérieur.

En revanche, il existe un document public qui dit ce qui s'applique quand le devis ne dit rien : les conditions générales de vente.
C'est le filet. Quand le devis est muet et que les conditions le sont aussi, plus personne n'a rien promis.

Le panel a été constitué le 28 août 2026 : 126 sites d'agences web françaises, confirmés agences par deux signes d'activité de création de sites sur leur page d'accueil. Le 2 septembre 2026, j'ai cherché leurs conditions générales par les liens de leur page d'accueil, par les adresses habituelles de ce type de page, et par tous les plans de site qu'elles déclarent elles-mêmes.

42 agences sur 126 publient des conditions générales accessibles, soit 33,3 pour cent. 84 n'en publient aucune que j'aie pu trouver.

Ce que 126 sites d'agences web françaises publient, et sur quoi

  • 22 agences des conditions qui décrivent la prestation vendue
  • 20 agences des conditions qui ne parlent que du site de l'agence
  • 84 agences aucune condition trouvable

126 sites d'agences web françaises, panel constitué le 28 août 2026 et sondé le 2 septembre 2026. Une page compte comme conditions générales si elle dépasse 1 500 signes et porte le terme dans son titre ou son entête. Un article de blog qui explique comment rédiger des conditions générales ne compte pas comme les conditions de l'agence.

20 de ces 42 documents ne parlent que du site de l'agence elle-même, pas du site qu'elle vous vend. Droit d'auteur sur son logo, sur ses photos, sur ses textes à elle. Rien sur le vôtre.

Leur silence sur le nombre de pages ou sur les allers-retours n'apprend donc rien : ils ne traitent pas le sujet. Les chiffres qui suivent portent sur les 22 documents qui décrivent la prestation, et je donne la base de 42 à côté chaque fois qu'elle change la lecture. Le choix de la base change les parts du simple au double, et il les change toujours dans le sens qui arrange celui qui écrit.

Les sept lignes, une par une

Chacune répond à la même question : si cette ligne manque, qu'est-ce que vous perdez, et au profit de qui ?

La ligneSur 22 documentsCe qui compte comme écritCe qui ne compte pas
Combien de pages3 le chiffrent, 7 renvoient au devis, 12 rienUn chiffre, ou la liste nommée des pages livréesSite vitrine, site clé en main, forfait complet
À qui appartient le site4 cèdent tout après paiement, 13 cèdent une partie ou rienUne cession écrite, avec étendue, destination, lieu et duréeReste la propriété de l'agence jusqu'au paiement intégral
Allers-retours comprisaucun n'en écrit le nombre, 11 disent ce qui se refactureUn nombre de séries de correctionsModifications raisonnables incluses
Qui fournit textes et photos15 écrivent que c'est au client, aucun à l'agenceUne ligne qui nomme le responsable, page par page ou en blocLe silence, qui veut dire vous
Le coût de l'année suivante1 affiche un montant, 18 décrivent un coût sans le chiffrerUn montant annuel, et ce qu'il couvreHébergement offert la première année, sans la suite
La date de livraison3 chiffrent un délai, 3 écrivent ne rien garantirUne date, et ce qui se passe si elle est dépasséeDans les meilleurs délais
La durée de validité2 la chiffrent, à 15 et 30 joursUn nombre de jours à partir de la date d'émissionL'absence de mention

1. Combien de pages sont comprises

C'est la ligne qui rend deux devis comparables. Sans elle, un montant ne veut rien dire : un site de six pages et un site de quarante pages ne demandent pas le même travail.

3 documents sur les 22 qui décrivent la prestation écrivent un nombre de pages, soit 3 sur les 42 jeux de conditions trouvés. Une agence propose quatre formules, de une à trois pages, de quatre à six, de sept à dix, puis sur devis au-delà. Une autre annonce un nombre de pages illimité, puis précise dans la même page qu'elle en créera quinze au maximum.

7 autres renvoient le périmètre au devis ou à un cahier des charges annexé. C'est acceptable, à une condition : que ce cahier des charges existe vraiment, soit daté, et soit joint au devis que vous signez.
Les 12 derniers n'en parlent nulle part.

Le geste, en trente secondes : cherchez un chiffre dans votre devis. Un nombre de pages, ou la liste nommée des pages livrées. Si vous n'en trouvez aucun, la page numéro sept vous sera facturée en plus, à un prix que l'article 1165 autorise l'agence à fixer elle-même.

Le raisonnement vaut aussi quand vous remplacez un site existant, avec une difficulté de plus : il faut compter les pages que vous avez déjà. C'est tout le sujet de mon article sur le prix d'une refonte de site internet.

2. À qui appartient le site une fois payé

C'est la ligne la plus chère de la liste, et c'est celle que presque personne ne vérifie.

Le réflexe naturel est de penser : je paie, donc c'est à moi. Le droit français dit exactement le contraire pour ce que l'agence a créé.

L'article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle pose que l'auteur d'une oeuvre en est propriétaire du seul fait de l'avoir créée, puis ajoute que l'existence ou la conclusion d'un contrat de louage d'ouvrage ou de service par l'auteur n'emporte pas dérogation à ce droit, sous réserve des exceptions prévues par le code.
Autrement dit : commander un travail et le payer ne suffit pas à devenir propriétaire de ce que l'autre a créé.

Ces exceptions existent, et aucune ne joue en votre faveur ici. La plus connue est l'article L113-9 : les droits sur un logiciel écrit par un salarié reviennent à son employeur. Une agence extérieure n'est pas votre salariée, donc rien ne se transfère tout seul.

Une précision qui compte, et que l'inquiétude fait oublier : vos textes, vos photos, vos données clients et votre nom de domaine ne sont pas concernés. Ils restent à vous, à condition que le nom de domaine soit déposé à votre nom. Ce qui se joue ici, c'est ce que l'agence a créé : le graphisme et le code.

Alors qu'écrivent les agences ? Sur les 22 documents qui décrivent la prestation vendue :

Ce que deviennent les droits sur votre site, sur 22 documents qui décrivent la prestation

  • 4 agences tout vous revient après paiement intégral
  • 6 agences une partie seulement vous revient
  • 7 agences écrivent qu'elles ne cèdent pas
  • 5 agences réserve jusqu'au paiement, puis silence

22 jeux de conditions générales lus le 2 septembre 2026, parmi les 42 trouvés, ceux qui décrivent la prestation vendue au client. Chaque clause a été lue et classée à la main : un document qui contient les mots propriété intellectuelle ne dit pas forcément à qui revient le site vendu.

Quatre documents sur 22 écrivent que tout vous revient une fois la facture soldée. Un seul précise l'étendue, la destination, le lieu et la durée de la cession.
Un autre se contredit dans la même page : il cède tous les droits après paiement intégral, puis écrit que l'accès au code source lui reste exclusivement réservé. Des droits sans les fichiers, cela ne vous emmène nulle part.

Treize écrivent, noir sur blanc, qu'une partie au moins ne vous reviendra jamais. Les formulations relevées, mot pour mot, le seul nom d'agence remplacé par un mot neutre : aucune cession de droits de propriété intellectuelle n'est réalisée au travers des présentes CGV, le code source des sites et applications développés par [l'agence] n'est pas cédé au client, l'accès au code source est réservé à [l'agence], et la plus nette de toutes : aucun transfert de propriété intellectuelle n'est consenti au profit du Client, quel que soit le montant des honoraires versés.

Cette dernière agence va plus loin. Elle écrit que le client ne dispose que d'un compte de type éditeur sur son propre site, et que l'accès administrateur comme la cession complète des droits ne sont pas inclus dans le devis initial : ils se négocient à part, contre paiement.

Cinq autres se contentent d'écrire que le site reste leur propriété jusqu'au paiement intégral, et s'arrêtent là. Cette phrase rassurante ne vous donne rien : elle protège l'agence contre l'impayé, elle ne dit pas ce qui vous revient après.

Ce qui décide vraiment si vous pouvez partir

La propriété des droits fait le sujet des clauses. Dans la vraie vie, ce qui vous bloque le jour où vous changez de prestataire est plus prosaïque : ce sont les accès.

Les quatre questions qui décident

  • À quel nom est déposé le nom de domaine, chez quel bureau d'enregistrement, c'est-à-dire la société où l'adresse est louée chaque année, OVH, Gandi, Ionos ou une autre, et qui détient le mot de passe de ce compte ? C'est la question numéro un, et elle ne coûte rien à poser.
  • Ai-je un accès administrateur complet au site, ou un accès limité ? Une agence du relevé écrit noir sur blanc que son client n'a qu'un compte éditeur.
  • Puis-je récupérer à tout moment une sauvegarde complète du site et de sa base de données, sans frais ? Faites écrire le mot sauvegarde et le mot gratuit.
  • Que couvre exactement la cession : le graphisme seul, ou le graphisme et le code ? L'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle demande que chaque droit cédé soit mentionné à part, avec l'étendue, la destination, le lieu et la durée. Attention à ce que fait ce texte : il protège l'auteur. Une clause de cession trop vague est nulle, et les droits restent alors chez l'agence, pas chez vous. Ne comptez donc pas sur la loi pour rattraper une clause floue, faites-la écrire complète.

Un point d'honnêteté, parce qu'il compte. Une agence qui garde son propre outil n'est pas malhonnête. Beaucoup de sites sont bâtis sur une brique maison, réutilisée de client en client : il est normal qu'elle reste à l'agence.
Ce qui n'est pas normal, c'est que vous l'appreniez le jour où vous voulez partir. Pour savoir ce que votre devis achète vraiment, divisez son montant par un coût horaire de référence : vous obtenez un nombre de journées de travail, et c'est ce nombre qui se discute. Le calcul est posé pas à pas dans mon article sur le prix d'un site internet.

3. Combien de fois vous pouvez dire non

Voici le résultat qui m'a le plus surpris.

Aucun des 22 documents qui décrivent la prestation n'écrit combien d'allers-retours sont compris dans le prix. Ni un nombre de séries de corrections, ni un nombre de versions de maquette.

Un seul s'en approche : il relie le nombre d'allers-retours au nombre de réunions de suivi prévu sur le devis, sans jamais dire combien de réunions cela fait. Un autre donne huit jours ouvrés pour réagir à chaque proposition graphique, ce qui est une date limite, pas un nombre de tours.

En revanche, 11 sur 22 écrivent très précisément ce qui se passe après. Toute demande de modification devient un devis supplémentaire, ou se facture à l'heure.

5 d'entre eux affichent un tarif, et ces tarifs ne se résument pas en une fourchette : ils ne portent ni la même unité ni la même base de TVA. Les voici tels quels : 69 euros de l'heure, 80 euros hors taxes de l'heure chez deux agences, 130 euros toutes taxes comprises de l'heure, et 150 euros hors taxes par réunion supplémentaire. Les autres renvoient à un devis.

Le piège n'est pas le tarif, c'est le moment où la validation est acquise. Une fois la maquette validée, vous entrez dans la zone payante, et ce moment arrive plus tôt que vous ne le croyez. Une agence fixe même le point de non-retour à un mois après la remise des éléments, qu'il se soit passé quelque chose ou non.

Faites écrire deux choses : combien de séries de corrections sont comprises, et à quel moment précis la validation est acquise. Deux phrases. Elles valent des milliers d'euros sur un projet qui dérape.

4. Qui écrit les textes et fournit les photos

C'est la ligne qui fait dormir les projets, et elle ne coûte rien à écrire.

15 des 22 documents écrivent que c'est le client qui fournit les textes, les images et le logo. Aucun n'écrit que l'agence les rédige. Les 7 autres n'abordent pas le sujet, ce qui revient au même : personne n'a promis de les écrire à votre place.

Vous découvrez donc que vous devez écrire quinze pages le jour où l'agence vous les réclame. Si vous voulez qu'elle s'en charge, c'est une ligne de plus à faire figurer, avec son prix.

Au moins 6 documents sur 22 écrivent que votre retard dans la fourniture des éléments décale d'autant la livraison. Au moins, parce que ce comptage range chaque document dans une seule catégorie de délai : celui qui chiffre une date ET parle de votre retard n'apparaît que dans la première.

Un va nettement plus loin, et sa phrase mérite d'être lue deux fois : l'absence de fourniture des éléments, l'absence de validation ou l'absence de réponse aux sollicitations ne suspendent pas ses obligations de paiement.
Autrement dit : le projet s'arrête parce que vous n'avez pas envoyé vos photos, et le solde devient exigible quand même.

Trois questions à poser avant de signer. Qui écrit les textes de chaque page ? Qui fournit les photos, et si c'est moi, combien et dans quel format ? Que se passe-t-il si je prends trois semaines de retard ? Les trois réponses tiennent en trois lignes sur un devis.

5. Ce que le site coûtera l'année suivante

Un site n'est pas un achat, c'est un abonnement déguisé. Hébergement, nom de domaine, mises à jour, sauvegardes, extensions payantes : tout cela revient chaque année.

Sur les 22 documents qui décrivent la prestation, 1 seul affiche un montant récurrent : un hébergement à 34,99 euros toutes taxes comprises par mois, avec un engagement minimum de douze mois. 18 décrivent un coût qui revient sans jamais le chiffrer, et 3 n'en parlent pas du tout.

Le reste tient en promesses de durée : quatre mois de maintenance offerts chez une agence, une garantie de trois mois chez une autre, un mois de correction gratuite chez une troisième. Ce sont des durées, pas des prix : elles disent quand la facture commence, pas combien.

Et un mécanisme que peu de clients connaissent : 3 documents écrivent que le prix de l'hébergement est révisé chaque année selon un indice du secteur informatique. Le prix de la première année n'est donc pas celui des suivantes, et vous l'avez accepté en payant la facture.

Un document précise que ses forfaits annuels se renouvellent par tacite reconduction, et ajoute qu'à défaut de paiement au premier jour du mois, il se réserve le droit de suspendre sans délai tous les services, interruption du site comprise.

Le calcul à faire avant de signer est simple : additionnez le prix du devis et trois années de tout ce qui revient. C'est ce nombre-là qui se compare d'une agence à l'autre, jamais le montant en gras de la première page.

6. La date de livraison, et ce qui l'efface

Sur les 22 documents qui décrivent la prestation, 3 écrivent qu'ils ne s'engagent sur aucun délai. Les formulations exactes : ne souscrit aucune obligation de délai sauf convention particulière, ne garantit aucun délai d'exécution sauf si un accord particulier est conclu, et les délais de réalisation ne sont en aucun cas garantis ni ne peuvent engager sa responsabilité, ni entraîner une obligation de payer une quelconque indemnité ou pénalité de retard.

3 chiffrent un délai. Deux à quatre semaines pour un site vitrine, quatre à huit pour une boutique en ligne, quinze jours ouvrés pour une formule à cinq pages. Un seul écrit un engagement plutôt qu'un ordre de grandeur : deux mois après la signature du devis, sous réserve de recevoir vos éléments.

6 traitent seulement du décalage causé par vos propres retards, sans jamais annoncer de date. Et 10 n'abordent pas le délai du tout. Les quatre familles couvrent les 22 documents.

Aucun de ces 22 documents n'écrit de pénalité à la charge de l'agence si elle livre en retard. En sens inverse, plusieurs écrivent la pénalité qui s'applique à vous si vous payez en retard, avec l'indemnité forfaitaire de 40 euros prévue par le Code de commerce. Je ne l'ai pas comptée document par document, je ne donne donc pas de chiffre.

Une date écrite, même indicative, vaut mieux que rien : elle ouvre la discussion le jour où elle est dépassée. Faites écrire cette date, et ce qui se passe si elle est dépassée de deux mois.

7. Combien de temps ce prix tient

Beaucoup de pages affirment qu'un devis est valable trois mois par la loi. C'est faux. Il n'existe aucune durée de validité légale universelle en France.

Ce que dit le Code civil, article 1117 : l'offre est caduque, autrement dit elle ne vaut plus rien, à l'expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, à l'issue d'un délai raisonnable.
Un délai raisonnable n'est pas un nombre, c'est une appréciation au cas par cas. D'où l'intérêt d'une date écrite : elle remplace une appréciation par une certitude, et elle vous dit jusqu'à quand ce prix vous est proposé.

2 documents sur 22 chiffrent la durée de validité : 15 jours chez l'un, 30 jours chez l'autre. 4 la mentionnent sans jamais la chiffrer, et deux ajoutent qu'ils ne seront pas tenus de prolonger un devis expiré. 16 n'en disent rien.

Même logique pour l'acompte. 11 des 22 documents le chiffrent, entre 30 et 50 pour cent du montant total, avec des échéanciers du type moitié à la commande et moitié à la livraison, ou trois tiers. Sur les 42 jeux de conditions trouvés, ils sont 12 à le chiffrer.

Deux documents écrivent que cet acompte reste acquis quoi qu'il arrive, dès la signature. Trois autres ne le rendent définitif qu'à partir d'un moment précis : après validation de la maquette, après le début des travaux, ou dès lors que le projet a débuté. Avant ce moment-là, il vous reste remboursable, et c'est une information qui vaut la peine d'être cherchée sur votre devis.

Une date de validité écrite, c'est votre marge de manoeuvre : le temps de comparer, de poser vos questions, et de faire compléter les six lignes précédentes sans que le prix bouge.

La phrase à envoyer avant de signer

Le tableau plus haut vous dit ce qui compte comme écrit et ce qui n'y ressemble que de loin. Reprenez votre devis et cochez les sept lignes.

Une case vide n'est pas une raison de refuser le devis. C'est une question à poser par écrit, et la réponse doit revenir sur le devis, pas dans un courriel.

La phrase à envoyer

  • Bonjour, avant de signer j'ai besoin de sept précisions écrites sur le devis : le nombre de pages comprises, ce qui m'appartient une fois le solde réglé, le nombre de séries de corrections incluses, qui fournit les textes et les photos, le coût annuel à partir de la deuxième année, une date de livraison, et la durée de validité du devis.
  • Merci d'y ajouter à quel nom sont déposés le nom de domaine et l'hébergement, et comment je récupère une sauvegarde complète si je change de prestataire.
  • Sur la propriété, demandez cette formulation-là et pas une autre : les droits de reproduction, de représentation et d'adaptation sur le graphisme et sur le code développés pour moi me sont cédés à titre exclusif, pour tous supports, pour le monde entier et pour la durée légale des droits, au paiement intégral du solde, avec remise du code source et des accès. Les quatre mots que la loi réclame y sont, l'étendue, la destination, le lieu et la durée.
  • Elle tient en un message et elle ne vexe personne : vous ne discutez pas le prix, vous demandez ce que le prix contient.

La réaction à cette demande vous apprendra plus que tout le reste. Une agence qui complète les sept lignes en une journée travaille comme ça tous les jours. Une agence qui trouve que vous compliquez les choses vient de vous montrer comment se passera le projet.

Ce test-là ne coûte rien et ne demande aucune compétence technique. Si vous voulez en faire d'autres avant de signer, j'en ai réuni huit dans mon guide pour choisir son agence web : ils portent sur le site déjà en ligne de l'agence, pas sur son devis.

Si vous voulez que quelqu'un lise le devis avec vous avant que vous signiez, c'est exactement par là que commence chaque création de site internet que je mène : la première conversation porte sur le périmètre, pas sur le montant.

Comment cet article a été fait
  1. Lecture, le 2 septembre 2026, des cinq premières pages françaises qui répondent à la requête « devis pour site internet ». Google a refusé les requêtes automatisées depuis cette machine ce jour-là, page /sorry/ dès la première : la liste des pages a donc été établie sur Brave Search en France, recoupée par une seconde recherche, et chaque page a été lue en entier. Toutes listent ce qu'un devis devrait contenir. Aucune ne dit qu'un devis de site internet n'est obligatoire nulle part, aucune ne distingue le client consommateur du client professionnel, aucune ne chiffre ce que les prestataires écrivent réellement, et deux affirment une durée de validité légale qui n'existe pas. Ces pages ne sont ni nommées ni liées ici : ce sont les concurrentes de la requête visée.
  2. Panel constitué le 28 août 2026 : 126 sites d'agences web françaises, confirmés agences par deux signes d'activité de création de sites sur leur page d'accueil. Les domaines ont été réunis sur onze requêtes de tarifs d'agence web dans six villes françaises, par le moteur Mojeek, qui exploite son propre index, et par Brave Search. Google n'a pas servi à constituer ce panel.
  3. Recherche des conditions générales de vente sur chacun le 2 septembre 2026, par trois voies : les liens de la page d'accueil, treize adresses habituelles de ce type de page, et tous les plans de site annoncés dans le fichier robots.txt, pas seulement le premier.
  4. Une page compte comme conditions générales si elle dépasse 1 500 signes et porte le terme dans son titre ou son entête. 42 pages retenues, 84 sites sans page trouvable.
  5. Extraction automatique des phrases contenant le vocabulaire des sept points, puis lecture et classement À LA MAIN de chacune de ces phrases. Le programme ne classe rien : un motif présent n'est pas une mesure, seul le contexte tranche. Les verdicts sont consignés agence par agence dans un fichier de décisions, et le calcul échoue si un verdict manque.
  6. Séparation des deux bases. 20 des 42 documents ne parlent que du site de l'agence elle-même : leur silence sur le périmètre ou les allers-retours n'est pas une information. Les parts publiées portent sur les 22 documents qui décrivent la prestation vendue, et les chiffres sur la base de 42 sont donnés à côté quand ils changent la lecture.
  7. Vérification à la source officielle des points de droit cités : la liste des prestations à devis obligatoire, les articles 1116, 1117 et 1165 du Code civil, l'article L221-3 du Code de la consommation, l'article L441-1 du Code de commerce, et les articles L111-1, L113-9 et L131-3 du Code de la propriété intellectuelle.

Ce que cette méthode ne dit pas. Trois limites, et la troisième est la plus gênante. Je lis les conditions générales publiques, pas les devis eux-mêmes : personne ne peut lire de l'extérieur ce qu'une agence écrit à ses clients, et un devis peut donc être bien meilleur que les conditions générales de la même agence. Le panel vient d'agences ayant une visibilité sur des requêtes de création de site, il ne représente pas le marché entier, et l'absence de page trouvée n'est pas la preuve qu'aucune n'existe. Enfin, seules les phrases repérées par une liste de mots ont été lues à la main : une clause rédigée autrement a pu m'échapper et être comptée comme un silence, et la recherche n'a pas couvert les pages de mentions légales, où une clause de propriété intellectuelle se trouve parfois. Les chiffres de silence sont donc des maxima.

Questions fréquentes

Le devis est-il obligatoire pour un site internet ?

Non. Le devis obligatoire ne concerne qu'une liste fermée de métiers : travaux de bâtiment, déménagement, location de véhicule, optique, audioprothèse, services à la personne, produits d'autonomie, chirurgie esthétique et obsèques. La création de site internet n'y figure pas. Il existe malgré tout un levier : l'article L441-1 du Code de commerce oblige un prestataire à communiquer, à qui le demande, la méthode de calcul de son prix ou un devis suffisamment détaillé, quand ce prix ne peut pas être fixé à l'avance.

Mon agence refuse de céder le code source, est-ce normal ?

C'est fréquent et ce n'est pas illégal. Sur les 22 documents qui décrivent la prestation vendue, 13 écrivent qu'une partie au moins ne sera pas cédée, et l'un d'eux écrit qu'aucun transfert n'est consenti quel que soit le montant versé. Beaucoup d'agences bâtissent sur une brique maison réutilisée de client en client, qu'il est normal qu'elles gardent. Ce qui n'est pas acceptable, c'est de l'apprendre au moment de partir. Demandez avant de signer ce que vous emportez, et surtout à quel nom sont déposés le nom de domaine et l'hébergement.

Combien de temps mon devis reste-t-il valable ?

Aussi longtemps que le devis le dit. S'il ne dit rien, l'article 1117 du Code civil prévoit qu'il devient caduc à l'issue d'un délai raisonnable, notion que la loi ne chiffre pas et qui s'apprécie au cas par cas. L'article 1116 interdit à l'agence de retirer son offre avant ce terme, mais si elle le fait quand même, le contrat n'est pas conclu pour autant : il ne reste qu'une action en responsabilité qui ne couvre pas le bénéfice attendu. Une date écrite vous dit donc où vous en êtes, elle ne force pas l'agence. Sur les 22 documents lus, 2 chiffrent une durée, à 15 et 30 jours.

Sources

Ressources utiles

Quiz

Trois questions à emporter devant votre devis

Question 1 / 3

Un devis de création de site internet est-il obligatoire en France ?

Question 2 / 3

Vous payez la facture en entier. Le graphisme et le code du site vous appartiennent-ils automatiquement ?

Question 3 / 3

Votre devis ne porte aucune date de validité. Combien de temps reste-t-il valable ?

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Écrit par

Maxim Gheorghita

Fondateur d'AmiSEO, à Toulouse

Je crée des sites web et je les référence sur Google. J'ai commencé en août 2024, seul, et je n'ai pas arrêté d'apprendre depuis deux ans. Depuis mai 2025, je le fais pour des entreprises, à Toulouse et dans toute la France, sous le nom d'AmiSEO, ma solo agency.

Relu par Maxim le . Relecture rapide du fond et des chiffres par Maxim avant la mise en ligne.

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