Freelance ou agence : ce que 461 agences web françaises déclarent au registre

Article écrit par l'agence AmiSEO, relu par Maxim, fondateur d'AmiSEO

· 19 min de lecture

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La réponse courte

Le mot « agence » ne garantit pas une équipe. Sur 285 entreprises françaises en activité dont le nom se présente comme une agence ou un studio du web, relevées le 29 août 2026, 17 déclarent trois salariés ou plus, soit 6,0 %. Entre 74,7 % et 83,9 % ne déclarent aucun salarié, selon la façon de compter retenue par le registre, et 248 sur 285 n'ont qu'un seul dirigeant inscrit.

Ce que le registre dit d'un prestataire comme le vôtre, à passer une fois par devis

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Le nom de l'entreprise associe-t-il un mot d'agence (agence, agency, studio) à un mot du web (web, digital, internet, seo, numérique) ?

En résumé

  • Sur 285 agences web en activité au registre, 17 déclarent trois salariés ou plus, et 248 n'ont qu'un seul dirigeant inscrit.
  • Ce n'est pas la taille qu'il faut regarder, mais le nombre de métiers que votre projet demande, qui vous répond quand votre interlocuteur est absent, et ce que vous récupérez s'il s'arrête.
  • Faites écrire cinq choses dans le devis : le nom de domaine à votre nom, l'hébergement à votre nom, les accès administrateur complets, une sauvegarde remise à la livraison, et les licences des images et des polices à votre nom.
  • Vérifiez chaque devis sur l'annuaire public des entreprises, gratuitement, avec le numéro à neuf chiffres du prestataire. Si les deux fiches se ressemblent, ce sont les devis qui départagent, pas les structures.

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Vous avez deux devis pour votre site. L'un vient d'une entreprise qui s'appelle « agence », l'autre d'une personne qui se présente comme indépendante. Vous croyez choisir entre une équipe et une personne seule.

Le mot « agence » ne vous garantit pas une équipe.
C'est un nom commercial, que personne ne contrôle et qui ne coûte rien à choisir.

Une chose avant les chiffres, parce qu'elle change la façon de me lire : je suis moi-même une agence d'une seule personne, et j'ai donc un intérêt dans cette question. J'y reviens en détail en bas de page, et je vous donne de quoi me vérifier comme les autres.

Cela dit, je ne parle pas au doigt mouillé. Le 29 août 2026, j'ai relevé dans le registre officiel des entreprises françaises toutes celles dont le nom, le nom commercial ou l'enseigne les présente comme une agence ou un studio du web. Il y en a 461. Sur les 285 encore en activité, 17 déclarent trois salariés ou plus.
Voici ce que j'ai compté, ce que ça ne prouve pas, et les questions à poser à la place.

Ce que 461 agences web françaises déclarent au registre

Le registre des entreprises est public et gratuit. Il indique, quand la fiche est renseignée, la date de création de chaque entreprise de France, sa forme juridique, ses dirigeants, son état, et son effectif salarié, c'est-à-dire la tranche de salariés qu'elle a déclarés.

J'ai demandé toutes les entreprises dont un des noms contient à la fois un mot d'agence (agence, agency, studio) et un mot du web (web, digital, internet, seo, numérique). J'ai ensuite gardé celles dont l'activité déclarée relève du web ou de la communication, et j'ai relu un par un les 462 noms restants, dont j'ai retiré une entreprise qui n'avait rien à y faire. Il reste les 461 du relevé.

Sur 285 agences web françaises en activité, l'effectif déclaré au registre

  • 239 agences, 83,9 % ne déclarent aucun salarié au 31 décembre
  • 29 agences, 10,2 % déclarent un ou deux salariés
  • 17 agences, 6,0 % déclarent trois salariés ou plus

461 entreprises relevées le 29 août 2026 dans le registre public, dont 285 en activité. Les 239 sans salarié au 31 décembre se répartissent en deux libellés du registre : 236 sont des « unités non employeuses », qui n'ont eu aucun salarié dans l'année, et 3 en ont employé dans l'année sans en avoir au 31 décembre. Cette année de référence n'est pas toujours indiquée sur la fiche, et la tranche peut donc décrire une situation d'il y a un ou deux ans.

Six agences web sur cent déclarent trois salariés ou plus.

La part sans aucun salarié se lit entre 74,7 % et 83,9 %, selon la façon de compter retenue par le registre. Deux informations répondent à la question, et elles ne sont pas toujours d'accord : la tranche d'effectif dit « aucun salarié au 31 décembre » pour 239 entreprises, tandis qu'une seconde case, qui dit simplement si l'établissement emploie ou non, répond « non » pour 232. Les deux tombent d'accord sur 213. Je publie les deux bornes plutôt qu'une seule, et j'emploie la plus prudente dès qu'il s'agit de conclure.

Un seul dirigeant inscrit dans 248 cas sur 285

L'effectif salarié a une limite sérieuse : un dirigeant qui se rémunère autrement n'y figure pas, et la tranche peut dater. J'ai donc compté une seconde chose, qui ne dépend ni de la paie ni d'une année de référence : le nombre de personnes inscrites comme dirigeantes de l'entreprise.

Sur les 285 agences web en activitéNombrePart
Un seul dirigeant inscrit24887,0 %
Deux dirigeants ou plus248,4 %
Aucun dirigeant inscrit, la fiche est muette134,6 %
Autres caractéristiques, comptées séparément et qui se recouvrent
Entreprise individuelle, donc une personne et pas une société12945,3 %
Créée il y a moins de deux ans5720,1 %
Créée il y a moins de cinq ans13045,8 %

Les trois premières lignes se partagent les 285 entreprises. Les trois suivantes se croisent : une entreprise individuelle de dix-huit mois compte dans les trois. Les deux lignes d'âge se comptent sur 284 fiches et non 285, une entreprise du panel portant une date de création postérieure au relevé.

Les deux comptages ne mesurent pas la même chose, et c'est ce qui les rend utiles ensemble.
L'un compte des salariés déclarés, l'autre des personnes inscrites à la direction. Aucun des deux ne compte l'équipe qui fabriquera votre site. Ce qu'ils établissent est plus étroit : dans 248 cas sur 285, un seul nom est inscrit à la direction, et dans plus de sept cas sur dix, aucun salarié n'est déclaré.

Ce que ces chiffres ne disent pas, et la seule chose qu'ils établissent
  • Aucun salarié ne veut pas dire « personne d'autre ne travaille ». Un dirigeant peut s'entourer d'associés non rémunérés en salaire, d'indépendants réguliers ou d'un collectif. Rien de tout ça n'apparaît au registre, qui ne mesure ni la qualité, ni les délais, ni la satisfaction des clients.
  • Le registre décrit des structures, jamais du travail. Une entreprise sans salarié peut faire un excellent site, une entreprise de vingt personnes peut livrer une catastrophe.
  • Il établit une seule chose, et elle suffit : le mot « agence » sur un devis ne vous renseigne pas sur le nombre de personnes. Si vous choisissez ce mot pour avoir une équipe, vous choisissez sur une information qui n'en est pas une.

Le secteur entier fonctionne comme ça

On pourrait croire que mon relevé attrape surtout des petites structures qui se donnent un grand nom. J'ai donc compté le secteur entier, sans filtrer sur le nom.

Le code d'activité 62.01Z, « programmation informatique », est celui sous lequel se déclarent la plupart des créateurs de sites, agences comme indépendants. Département par département, pour contourner la limite de dix mille résultats de l'outil public, j'ai compté 115 717 entreprises en activité sous ce code en France.

Les 115 717 entreprises actives en programmation informatiqueNombrePart
Aucun salarié déclaré100 91787,2 %
Au moins un salarié déclaré14 80012,8 %
Entreprises individuelles59 95751,8 %

87,2 % des entreprises de ce secteur ne déclarent aucun salarié. L'entreprise sans salarié déclaré n'est donc pas une exception du métier, c'est sa forme la plus courante, quel que soit le nom qu'elle porte. Ce code d'activité contient aussi des développeurs de logiciels qui ne touchent jamais un site vitrine : il donne l'ordre de grandeur du secteur, pas le compte exact des créateurs de sites.

D'où viennent ces chiffres, et ce qu'ils ne contiennent pas

  • Source : l'interface publique du registre national des entreprises, interrogée le 29 août 2026. Les données viennent de l'INSEE et de l'INPI. Aucun compte ni abonnement n'est nécessaire, et vous pouvez refaire chaque comptage.
  • Méthode du panel : treize recherches par nom, 946 entreprises rapportées, puis deux filtres. Le nom doit contenir un mot d'agence et un mot du web dans la dénomination, le nom commercial ou l'enseigne, et l'activité principale doit relever du web ou de la communication. Restent 462 entreprises, dont j'ai relu les noms un par un, puis 461 après retrait.
  • Ce qui a été écarté à la relecture : une entreprise de publicité et d'école de photographie, remontée par ressemblance de mots sans qu'aucun mot du web figure dans ses noms. 484 autres avaient déjà été écartées par les deux filtres, dont environ deux cents boutiques de vente en ligne remontées par le mot « commerce ».
  • Les deux lignes d'âge se comptent sur 284 fiches et non 285 : une entreprise du panel porte une date de création postérieure au relevé, le 1er septembre 2026, et n'a donc pas d'âge à cette date. Elle est retirée du calcul comme du total.
  • La limite principale de l'effectif salarié : c'est une tranche déclarée, rattachée à une année de référence qui n'est pas toujours indiquée sur la fiche. Elle décrit donc une situation récente, pas la situation du jour. C'est pour cette raison que le comptage des dirigeants est publié à côté, et que la part sans salarié est donnée en fourchette.
  • Une contradiction laissée visible : 26 des 285 agences actives portent la case employeur de leur établissement principal à « oui » et un effectif sans salarié. Ces deux informations ne sont pas au même niveau, l'une décrit l'établissement et l'autre l'entreprise, ce qui explique qu'elles puissent diverger. En comptant ces 26 comme employeuses, la part sans salarié descend de 83,9 % à 74,7 %, et c'est cette seconde borne qui sert dans les conclusions de cette page.
  • Une réserve sur le libellé « unité non employeuse » : la documentation officielle précise que cette tranche peut contenir quelques effectifs inconnus. La borne basse de 74,7 % couvre déjà ce risque.
  • Ce qui n'est pas compté : les agences dont aucun nom déposé ne contient ces mots, celles qui ont choisi un code d'activité hors du web et de la communication, et les indépendants qui ne se présentent pas comme une agence. Le panel décrit les entreprises qui portent l'étiquette, il ne représente pas le marché français de la création de sites.
  • Les crochets qui suivent certains pourcentages, comme 48,5 % [33 ; 65], donnent la fourchette dans laquelle se trouve la vraie valeur compte tenu du petit nombre d'entreprises comptées. Plus le groupe est petit, plus la fourchette est large. Elle décrit la précision du comptage sur ce panel, jamais une extrapolation au marché.
  • Dernière révision : 29 août 2026.

Le risque à regarder n'est pas la taille, c'est la continuité

Sur mes 461 entreprises, 176 sont fermées. Une fermeture n'est pas toujours un échec : on ferme aussi pour changer de statut, pour reprendre l'activité sous une autre structure, pour se salarier ailleurs ou pour partir à la retraite. Le registre ne dit pas lequel de ces motifs s'applique. Ce qu'il dit, c'est que l'entité qui a signé le devis n'existe plus sous cette forme.

Voici, par génération, la part déjà fermée au 29 août 2026. Les lignes récentes ont eu moins de temps pour fermer : chaque ligne se lit pour elle-même, jamais en comparaison de la suivante.

Année de créationCrééesDéjà ferméesPart, fourchette
Avant 2006331648,5 % [33 ; 65]
2006 à 2010582848,3 % [36 ; 61]
2011 à 2015633149,2 % [37 ; 61]
2016 à 2018542851,9 % [39 ; 65]
2019 à 2021913437,4 % [28 ; 48]
2022 à 20241103330,0 % [22 ; 39]
2025 et 202652611,5 % [5 ; 23]
Total du panel46117638,2 %

30,0 % des agences web créées entre 2022 et 2024 ont déjà fermé, soit 33 sur 110, la plus ancienne du groupe ayant quatre ans et huit mois. Sur les générations qui ont plus de dix ans de recul, la part fermée tourne autour de la moitié, accumulée sur quinze à vingt ans.

Société ou entreprise individuelle : la mesure ne tranche pas

La peur qu'on entend le plus est celle-ci : un indépendant peut disparaître, une société non. J'ai testé.

Sur les entreprises de mon panel créées entre 2018 et 2022, 38,5 % des entreprises individuelles ont fermé, contre 35,6 % des sociétés.
L'écart est de 2,9 points, et sa fourchette va de 12 points en faveur des sociétés à 18 points en faveur des entreprises individuelles.

Sur ce relevé, la forme juridique ne permet pas de prédire la disparition. La formulation exacte compte : l'écart observé n'est pas distinguable du hasard, et avec 65 entreprises individuelles et 90 sociétés, ma mesure est trop petite pour garantir qu'il n'existe pas une vraie différence de dix ou quinze points. Elle ne dit donc pas « les deux se valent ». Elle dit que si vous choisissez sur ce critère, vous choisissez sans preuve. Une réserve de plus : dans ce groupe, une entreprise de janvier 2018 a près de cinq ans d'exposition de plus qu'une de décembre 2022, et je n'ai pas corrigé cet écart.

Vous voulez un troisième devis, détaillé ligne par ligne ? Je construis des sites à Toulouse, et je vous dis avant de commencer ce qui est dedans, ce qui n'y est pas, et qui fait quoi.

Deux sites que j'ai construits, et ce qu'il y a dedans

Ce qui décide vraiment, à la place de l'étiquette

Si le mot ne vous renseigne pas, il faut le remplacer par quelque chose qui vous renseigne. Ce qui suit n'est pas une mesure, c'est ma façon de trancher, tirée des projets que je vois passer. Je le signale pour que vous ne le confondiez pas avec les chiffres du dessus.

Ce n'est pas votre budget qui décide du nombre de personnes nécessaires, c'est le nombre de métiers différents que votre projet appelle. Sur le budget lui-même, deux autres pages font le travail.

La première relève ce que 25 agences web affichent comme prix, avec ce que ces prix contiennent et ce qu'ils taisent.

La seconde montre comment convertir un devis en heures de travail, ce qui reste le seul moyen de comparer deux montants qui ne recouvrent pas la même prestation.

Ce que votre projet demandeMétiers en jeuCe que ça implique
Un site de présentation, textes et photos déjà prêtsUnUne personne suffit, et c'est le cas le plus fréquent
Un site de présentation, textes à écrire et photos à faireDeux ou troisDemandez qui écrit et qui photographie, et si ce sont les mêmes mains
Une boutique en ligne avec stocks et livraisonTrois ou quatreDemandez qui reprend si la personne s'arrête en cours de route
Un outil métier connecté à vos logicielsTrois et plus, sur la duréeExigez plusieurs interlocuteurs nommés, ou renoncez à une personne seule

Une vraie équipe apporte trois choses qu'une personne seule ne peut pas donner, et il faut le dire aussi clairement que le reste : quelqu'un répond quand l'autre est en congés ou malade, plusieurs métiers avancent en même temps au lieu de se suivre, et le départ d'une personne ne suspend pas le projet.
Ces trois avantages n'existent que si l'équipe existe vraiment, ce qui est exactement ce que le registre vous permet de vérifier avant de payer pour eux.

La question qui commande toutes les autres

Après la livraison, qui fait vivre le site : vous, ou le prestataire ?

Moi, ou quelqu'un chez moi
  • Votre risque principal est la reprise en main, pas la taille du prestataire. Exigez avant de signer les cinq éléments listés plus bas, ceux qui vous permettent de continuer sans lui.
  • Comparez alors les devis sur ce qu'ils contiennent, jamais sur le statut de qui les envoie. C'est le contenu du devis qui varie du simple au triple, pas l'étiquette.
Une personne seule fait très bien l'affaire si elle vous laisse les clés.
Le prestataire, pendant des années
  • Votre risque principal devient la continuité et la disponibilité. 30,0 % des agences web de mon relevé créées entre 2022 et 2024 ont déjà fermé.
  • Faites chiffrer la maintenance à part, avec un délai de réponse écrit, et demandez qui répond quand votre interlocuteur est absent. Une maintenance sans délai de réponse n'est pas une maintenance.
Vérifiez aussi l'ancienneté au registre : une agence active sur cinq a moins de deux ans.

Parts calculées sur les 285 agences web en activité et les 461 entreprises du relevé du 29 août 2026. La répartition des métiers, elle, n'est pas une mesure : c'est mon arbitrage de praticien.

Les cinq éléments à faire écrire dans le devis
  • Le nom de domaine est à votre nom, sur un compte à vous. C'est l'adresse de votre site : sans elle, vous ne récupérez rien.
  • L'hébergement est à votre nom, ou transférable sur simple demande. Demandez chez qui, et sous quel délai.
  • Vous recevez un compte administrateur et les accès aux fichiers du site. Pas « un accès », les accès complets.
  • Une sauvegarde complète vous est remise à la livraison, et vous savez où elle se trouve.
  • Les images achetées et les polices de caractères sont couvertes par une licence à votre nom. C'est la ligne qu'on découvre le plus tard, et toujours au mauvais moment.
Les trois questions à poser mot pour mot
  • « Qui va fabriquer mon site, et est-ce que je peux lui parler ? » La réponse vous dit s'il y a une équipe, un sous-traitant, ou une seule personne. Les trois sont acceptables, mais vous devez savoir laquelle, et le savoir avant de signer.
  • « Vous me livrez dans combien de temps, et qui me répond si vous êtes absent ? » C'est la question qui remplace le débat sur la taille : elle porte sur ce que vous allez vivre, pas sur un organigramme.
  • « Si vous vous arrêtez, comment je récupère mon site ? » Une bonne réponse nomme les cinq éléments ci-dessus. Une mauvaise réponse rassure sans rien nommer.

Et un geste qui ne coûte rien : demandez deux sites déjà livrés, puis appelez un de ces deux clients. Une seule question suffit, « est-ce qu'on vous a répondu quand vous aviez un problème ». Vous pouvez aussi passer le prestataire à une grille de contrôles faite sur son propre site, qui teste ce qu'il sait produire plutôt que ce qu'il annonce.

Vérifier vous-même, avec le numéro écrit sur ses documents

Vous n'avez pas à me croire sur parole. Le numéro à neuf chiffres de l'entreprise suffit, et il est public.

L'article R123-237 du code de commerce, dans sa version en vigueur depuis le 15 mai 2022, impose à toute personne immatriculée d'indiquer son numéro unique d'identification sur ses factures, ses notes de commande, ses tarifs, ses documents publicitaires et ses correspondances signées. Le texte ne nomme pas le devis, mais en pratique vous trouvez ce numéro en bas du devis ou dans les mentions légales du site. Une entreprise dont ce numéro est introuvable partout est déjà une information.

Voici la marche à suivre, telle que je l'ai appliquée aux 461 entreprises du relevé. Faites-la une fois par devis, puis comparez les deux fiches.

ÉtapeCe que vous faitesCe que vous lisez
1Ouvrez l'annuaire public des entreprises et tapez le nom ou le numéro à neuf chiffresLa fiche de l'entreprise, sans compte ni paiement
2Regardez la pastille en haut de la fiche« En activité » ou « Cessée »
3Cherchez la ligne Effectif salarié« Unité non employeuse » veut dire aucun salarié déclaré. Sinon, une tranche du type « 1 à 2 salariés ». Regardez l'année de référence à côté
4Cherchez la ligne Date de créationL'âge de l'entreprise, qui n'est pas toujours celui affiché sur son site
5Ouvrez l'onglet DirigeantsLe nombre de personnes qui pilotent, et leur nom

Ensuite, comparez ce que vous lisez à ce que sa page vous laissait croire. C'est l'écart entre les deux qui vous apprend quelque chose, pas la fiche toute seule.
Une personne seule qui l'assume ne pose aucun problème. Une page qui parle de « nos équipes » devant une fiche sans salarié et à un dirigeant vous renseigne sur sa façon de communiquer, avant même de parler du site.

Et si les deux fiches se ressemblent, ce qui arrivera plus d'une fois sur deux, alors ce n'est plus la structure qui départage vos deux devis. C'est leur contenu, ligne à ligne, et les trois questions ci-dessus.

Trois pièges de lecture du registre
  • Une entreprise créée il y a trois mois n'est pas un débutant. Beaucoup de gens exercent dix ans, puis changent de structure. La date est celle de l'entreprise, pas celle du métier.
  • L'effectif est une tranche déclarée, pas un compte du jour. Elle se rattache à une année de référence parfois absente. Le registre vous donne une base pour poser la question, jamais la réponse finale.
  • Une grosse structure peut être moins bien pour vous qu'une petite. Sur un site de quelques pages, la personne qui vous répond compte davantage que le nombre de personnes qui existent derrière elle.

Ce que disent les cinq pages les mieux placées

Le 29 août 2026, j'ai lu en entier les cinq premiers résultats français de Google sur la recherche « freelance ou agence web », en mode Web, depuis la France. Vous pouvez refaire exactement la même requête pour les retrouver. Elles font de 900 à 2 800 mots et comparent toutes les deux options sur les mêmes axes : le prix, les compétences, la disponibilité, le suivi.

Aucune des cinq ne publie de mesure faite par elle. Une seule cite une source extérieure identifiable.
Et aucune ne répond à la question qui est sous la question : combien de personnes travaillent réellement derrière une étiquette d'agence web.

Quatre de ces cinq pages sont publiées par une agence web, et les quatre concluent en faveur de l'agence. La cinquième est écrite par une indépendante, et conclut en faveur de l'indépendant. Cinq fois sur cinq, le conseil correspond au statut de qui l'écrit. Je ne les nomme pas parce que ce sont mes concurrents directs sur cette recherche, et parce que la même remarque vaut pour moi.

Ma position dans cette comparaison, puisque j'en fais partie

AmiSEO est une agence web indépendante à Toulouse, pilotée par son fondateur. Une seule personne : moi. Je figure donc dans exactement la catégorie que je viens de mesurer, et j'ai un intérêt direct à ce que vous ne choisissiez pas sur l'étiquette. Cet intérêt a pesé sur le choix de la question posée dans cette page, et vous devez le savoir en la lisant.

C'est pour cette raison que l'article dit aussi clairement ce qu'une vraie équipe apporte, qu'il ne conclut ni « prenez une agence » ni « prenez un indépendant », et qu'il vous donne la méthode pour me vérifier moi aussi. Si votre projet demande plusieurs métiers en même temps, avec des interlocuteurs différents et une continuité pendant des années, je ne suis pas le bon choix, et je vous le dirai avant le devis plutôt qu'après.

Ce que ce relevé ne prouve pas

Mon panel n'est pas le marché. Il décrit les entreprises dont un nom déposé contient un mot d'agence et un mot du web. Une agence qui s'appelle « Cinq Degrés » n'y est pas, un indépendant qui ne se présente pas comme une agence non plus. Aucun chiffre de cette page ne doit être lu comme « les agences web françaises sont ainsi ».

Le registre ne prouve pas qui travaille. Zéro salarié déclaré ne prouve pas qu'une seule personne travaille, et trois dirigeants ne prouvent pas que trois personnes feront votre site. C'est pour ça que la page se termine sur des questions à poser, et pas sur un verdict à tirer d'une fiche.

Ce que le relevé établit tient en une phrase. Le mot « agence » ne prouve rien sur le nombre de personnes, et le mot « freelance » non plus. Ce qui compte arrive juste après : qui fabrique, combien de métiers votre projet demande, qui répond quand votre interlocuteur est absent, et ce que vous récupérez s'il s'arrête.

Vous voulez savoir ce que vaut vraiment le site qu'on vous a livré, ou celui qu'on vous propose de refaire ? Je regarde votre site et je vous montre en vidéo ce qui vous coûte des demandes, sans jargon et sans rendez-vous à caler.

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Comment cet article a été fait
  1. Lecture intégrale, le 29 août 2026, des cinq premiers résultats français de Google sur la recherche « freelance ou agence web », en mode Web, depuis la France, requête reproductible telle quelle. Longueurs de 900 à 2 800 mots. Aucune ne publie de mesure faite par elle, une seule cite une source extérieure identifiable. Quatre sont publiées par une agence web et concluent en faveur de l'agence, la cinquième est écrite par une indépendante et conclut en faveur de l'indépendant. Ces pages ne sont pas nommées ici : ce sont mes concurrents directs sur cette recherche.
  2. Constitution du panel le 29 août 2026 dans le registre national des entreprises, par treize recherches de noms d'agences web et digitales. 946 entreprises rapportées, dédoublonnées par leur numéro à neuf chiffres.
  3. Deux filtres appliqués ensuite. Un des noms déposés, dénomination, nom commercial ou enseigne, doit contenir à la fois un mot d'agence et un mot du web. L'activité principale déclarée doit relever du web ou de la communication. Restent 462 entreprises.
  4. Relecture à la main des 462 noms, un par un. Une entreprise a été retirée, une agence de publicité et école de photographie remontée par ressemblance de mots. Panel final : 461 entreprises, 285 en activité et 176 fermées.
  5. Comptage national séparé sur le code d'activité 62.01Z, département par département pour rester sous la limite de dix mille résultats de l'outil public. Trois départements dépassaient cette limite : le Rhône, les Hauts-de-Seine et Paris. Ils ont été recomptés par forme juridique, puis Paris par tranche d'effectif, jusqu'à ce que chaque comptage passe sous la limite.
  6. Calcul des parts et des marges à 95 % par la méthode de Wilson, écart entre deux proportions par la méthode de Newcombe, comparaison des fermetures entre entreprises individuelles et sociétés par un test exact de Fisher sur les seules créations de 2018 à 2022. Les marges décrivent la précision du comptage sur ce panel, elles ne sont pas une extrapolation au marché.
  7. Lecture de la disparition par génération de création uniquement. La série des âges à la fermeture, médiane de 4,0 ans sur les 176 entreprises fermées, n'est pas publiée dans le corps : elle décrit l'âge des fermées au moment où elles ont fermé et ne dit rien du risque que court une entreprise encore en activité, qui est ce que le lecteur cherche.
  8. Détail de deux comptages, pour qu'ils soient refaisables. Sur les 239 agences actives sans salarié au 31 décembre, 236 portent le libellé « unité non employeuse », qui veut dire aucun salarié dans l'année, et 3 en ont employé dans l'année sans en avoir au 31 décembre. Sur les dirigeants, 248 fiches en portent un seul, 24 en portent deux ou plus, et 13 n'en portent aucun.
  9. Résultat du test de comparaison des fermetures entre entreprises individuelles et sociétés, créations 2018 à 2022 : test exact de Fisher, p égal à 0,738, ce qui veut dire que la différence observée est parfaitement compatible avec le hasard sur un panel de cette taille.

Ce que cette méthode ne dit pas. Le panel décrit les entreprises qui portent l'étiquette « agence web » dans un de leurs noms déposés, pas le marché entier de la création de sites : une agence au nom sans rapport n'y figure pas. Le comptage national, lui, porte sur un code d'activité plus large que la création de sites, qui contient aussi des développeurs de logiciels. Surtout, le registre décrit des structures et jamais du travail : un effectif salarié à zéro ne prouve pas qu'une seule personne travaille, plusieurs dirigeants ne prouvent pas que plusieurs personnes fabriquent, et l'effectif est une tranche déclarée rattachée à une année de référence qui n'est pas toujours indiquée.

Sources

Ressources utiles

Quiz

Trois questions à emporter devant votre devis

Question 1 / 3

Un devis vient d'une entreprise qui s'appelle « agence web ». Qu'est-ce que ça vous apprend sur sa taille ?

Question 2 / 3

Vous voulez savoir quel effectif salarié ce prestataire a déclaré. Vous faites quoi ?

Question 3 / 3

La question qui compte vraiment avant de signer, c'est laquelle ?

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Écrit par

Maxim Gheorghita

Fondateur d'AmiSEO, à Toulouse

Je crée des sites web et je les référence sur Google. J'ai commencé en août 2024, seul, et je n'ai pas arrêté d'apprendre depuis deux ans. Depuis mai 2025, je le fais pour des entreprises, à Toulouse et dans toute la France, sous le nom d'AmiSEO, ma solo agency.

Relu par Maxim le . Relecture rapide du fond et des chiffres par Maxim avant la mise en ligne.

Commentaires

Une question, un désaccord, un retour d'expérience ? Tout est lu. Les commentaires utiles sont publiés ici avec leur réponse, les autres ne le sont pas.

L'email n'est jamais affiché, il sert seulement à répondre. Données gardées 12 mois.

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